William est le fils de Jean (dit Porotiho) Coppenrath (1882-1964) lui-même 2e enfant d’Esther Bambridge et Gaspard Coppenrath. Esther était particulièrement attachée à sa sœur Matira de 9 ans son aînée qui s’était mariée à Piu a Ruahe à Taha’a. Les enfants d’Esther aimaient rendre visite à leur tante Matira à Taha’a pour s’adonner à la chasse et à la pêche avec leurs cousins Ruahe du même âge. C’est ainsi que Jean rencontra Teroro Peni à Taha’a dont il eut 2 enfants : Tauraa en 1907 puis William en 1908.
Jean reconnut tardivement ses fils mais permit à William de partir faire quelques années d’études en Californie. A son retour à Tahiti, William rencontra Tetu Terorotua (1908-1993) et ils s’établirent à Mataiea en 1933, district de la famille de Tetu.
Grâce à son activité d’agriculteur et de pêcheur, il acquiert quelques terres dans le district de Mataiea dont il est élu chef en 1953. Il est successivement réélu jusqu’à la mise en place des communes. En 1972 il devient le 1er maire de la commune de Teva i Uta regroupant les districts de Mataiea et Papeari.
Avec son adjoint Albert Goupil entrepreneur à Mataiea et feti’i Bambridge (descendant de Martha) ils donnèrent priorité à la distribution d’eau en installant la 1ère station de pompage de Mataiea et les premières canalisations. Il organisa aussi le ramassage scolaire en rachetant un bus réformé du CEP.
Il est un des fondateurs du syndicat intercommunal SECOSUD pour l’électrification des communes du sud de l’île et le début du développement de l’hydroélectricité. Il participa en 1965 à la création du parti politique Here aia avec John Teariki. Elu conseiller territorial, il obtient le transfert à sa commune de biens domaniaux permettant à celle-ci de construire : mairie, écoles, terrain de football… Il va jusqu’à faire emprunter par la commune la somme nécessaire pour acquérir la terre Tehoro qui était en vente. Il y installe un espace de sports et loisirs, aujourd’hui équipement favori de la population de Mataiea.
Attaché aux légendes et à l’histoire de sa commune il permet la renommée du groupe de chants « Tamari’i Mataiea » au tiurai. Les répétitions avaient lieu à son domicile au PK 46,5 en bord de plage. On pouvait y voir suspendus de grands filets.
William était en effet un grand pêcheur, pour nourrir sa famille mais aussi pour organiser en certaines saisons des parties de pêche collectives de sorte à distribuer du poisson à la population.
Sa petite-fille Heiiti précise par ailleurs : « Grand-père était croyant et fervent pratiquant, il avait deux bibles sur son bureau : une protestante et une catholique. Tavana Hitirere, comme on l’appelait, était un bon papa pour la population et les employés communaux. Il était médiateur, conciliateur et résolvait les problèmes conjugaux, financiers. Il recevait même dans sa maison.
Agriculteur, il cultivait notamment du café et avait installé des rigoles en bambou pour faire venir l’eau depuis la rivière Vairaharaha. Il était aidé par son cheval Mamoe et avait aussi domestiqué un cochon qui l’accompagnait jusqu’au magasin « Ah Hi », ce cochon était la mascotte du quartier Vaiteraa. »
Il s’est éteint à 71 ans en 1979 dans la maison de prières où il venait de commenter un passage de la bible. Son épouse Tetu, lui survécut encore 14 ans. Ensemble ils avaient donné naissance à 4 enfants :
- Joseph dit Sarry (1936-1997) père de Karl, Mano et Diudy ;
- William dit Coco (1938-****) entrepreneur de terrassement ;
- Tina (1940-2019) longtemps surveillante d’internat au Lycée Paul Gauguin ; mère de Heiiti et Spelna ;
- Gaspard (1949-20**) ancien employé de l’OTAC, musicien, père de * enfants.
William, né à Taha’a, vécut près de 50ans à Mataiea dont il marqua profondément l’histoire en mettant ce district devenu commune, sur la voie du développement tout en préservant ses valeurs culturelles.

J’aurais tellement voulu connaître mon grand père. Cependant, j’ai hérité de son sens du service rendu à la population. En premier lieu par notre mère qui a durant 42 ans a œuvré dans leducation nationale et été médaillée de l’ordre des palmes academiques en fin de carrière. Et moi même depuis 1997 à aujourd’hui, une carrière dédiée à notre population au service des personnes en difficultés médico sociales, à prendre soin de l’autre par l’adoption de conduites de changements au possible durables.