Née le 1er mai 1866 à Papeete, Sophia est la 9e enfant de Thomas Stratford Adams et d’Amélia Bambridge (2e enfant de Thomas Bambridge et Maraea O’Connor).
Elle épouse en 1885 Gaston Brunaud, originaire de Saintes (France), qui occupe alors les fonctions de lieutenant du juge à Papeete. Sophie, comme elle se fait appeler à l’étranger, va suivre son mari dans ses diverses affectations dans les colonies : Nouvelle-Calédonie, Sénégal, Madagascar entre autres. Gaston Brunaud termine sa carrière en qualité de Président de la Cour d’Appel de Madagascar. Il décède à Paris en 1918.

Gaston et Sophie eurent un fils, Marcel. Devenu officier dans l’armée française, il décède à l’âge de 30 ans sans laisser de postérité.
Après la mort de son époux puis de son fils unique, Sophie décide de revenir à Tahiti. En ce temps là, la traversée pour rejoindre Tahiti depuis la métropole s’effectuait en voilier et le voyage durait environ 72 jours.
A Tahiti, Sophie est connue sous le nom de Tutu. Elle perçoit alors la pension de retraite la plus élevée de toute l’île. Femme au grand cœur, elle accepte de recueillir ses neveux et nièces, devenus orphelins à la suite de la guerre et de l’épidémie de grippe espagnole de 1918, et de prendre en charge leur éducation.
Parmi les enfants d’adoption de celle que l’on appellait Marraine Tutu, on peut citer William Grand, dit Kiki, Frédéric Vonnegout, dit Pissy, et sa sœur Jeanne, dite Jeannette, et Léonne Adams.
Elle offrira un toit à sa nièce Jeanne Flohr qui, après avoir passé 28 années en Allemagne, rentre à Tahiti après le décès de son époux Karl Koeppen, citoyen allemand, ruiné par la guerre et sans postérité.
Entourée de l’affection des siens, Tutu passera alors des années paisibles à son domicile de Fautaua. Elle décèdera dans sa 98e année à la suite d’une fracture de la hanche.
