ANTHONY BAMBRIDGE, DIT TONY, (1895-1964)

Né à Pirae, Tony est le 8e enfant de John Maeha’a Bambridge et Mary Ann Tapscott et le petit-fils de Thomas Bambridge et Maraea O’Connor. Il n’a que 3 ans lorsque décède son père John Maeha’a.

Il fait ses classes à l’école des Frères, obtient son certificat d’études et commence à travailler comme coiffeur chez Marcellin Sage puis comme apprenti tonnelier chez son frère Georges.

La première guerre mondiale éclate. Tony est mobilisé et il fait partie du 1er contingent à quitter Tahiti le 21 janvier 1916. Il connaîtra les champs de bataille et les horreurs de la guerre. Prêt à mourir pour la France, toutes ces expériences feront de lui un « grand français polynésien ».

Blessé au mollet droit par balle de mitrailleuse le 7 octobre 1918 à Filain, Tony est décoré de la croix de guerre avec une étoile d’argent. Le caporal Bambridge rentre à Tahiti où il s’attache à mettre en œuvre la devise qu’il a fait sienne :

« Toujours plus haut 

Place ton rêve ou ton désir

L’idéal que tu dois saisir

Toujours plus haut ! »

Tour à tour marchand de quenettes et d’ice cream, il ouvre une modeste boutique  Au chemin des Dames  suivi de Tony’s Cabaret et Tony’s Liquor and Perfume Parlor mais le succès n’est pas au rendez-vous.

 Tony se tourne alors vers le cinéma. Il devient gérant puis locataire du Cinéma Moderne où il passe des films trois fois par semaine et bientôt le dimanche au  grand dam de certains milieux religieux qui menacent de lui couper l’électricité.

Les affaires sont difficiles et il s’endette. En 1927, W.S. Van Dyke et Flaherty l’engagent comme assistant  manager pour le tournage du film Ombres Blanches. A la fin du tournage, Tony décline l’offre d’un séjour de deux mois aux Etats-Unis mais accepte le don de matériel laissé par les cinéastes. Par la suite, il collabore à la réalisation de Tabou, Taro le Païen et la première version des Révoltés du Bounty.

Il rachète le Cinéma Bambou aux frères Hollande et organise des projections itinérantes de films dans les districts de Tahiti. Puis il étend son circuit cinématographique aux Iles-sous-le-Vent.

Il achète des terres et crée des plantations tout en continuant son activité dans le commerce. Sa maison d’importation devient rapidement l’une des plus importantes de la place. Il s’adjoint son cousin, Clément Coppenrath, comme directeur commercial. En 1944, il  fait l’acquisition de l’immeuble Maxwell, le Fare Tony, où il regroupe ses différentes activités commerciales.

Fidèle défenseur du rattachement de la Polynésie française à la France, Tony a été le principal artisan de la présence française dans cette région du monde.

En 1940, après l’appel du 18 juin, il participe activement au ralliement de Tahiti à la France Libre ce qui lui a valu d’être condamné à mort par contumace par le gouvernement de Vichy.

Nommé membre du Conseil Privé en 1945, en remplacement de Georges Ahnne, il occupera cette fonction jusqu’à l’instauration de la  Loi Cadre en 1957. Tony a alors la réputation d’être l’homme qui « fait et défait les gouverneurs ».

En 1958, Tony a su mobiliser l’opinion et réveiller les consciences. Il s’oppose au groupe de Pouvana’a a Oopa avec toute son énergie pour que le « OUI » l’emporte au référendum avec une importante majorité.

En reconnaissance des services rendus, Tony reçoit la plus haute distinction de la Nation en 1959 lorsqu’il est fait Officier de la Légion d’Honneur.

Homme serviable au cœur généreux, Tony ne ménage pas son temps et ses dons pour aider les plus démunis. Mais l’œuvre la plus chère à son cœur restera la Léproserie de Orofara.

C’est une des figures les plus marquantes du Tahiti contemporain qui disparaissait le 29 juillet 1964 à Los Angeles où il était  parti pour se soigner. Son corps fut ramené à Tahiti et il est enterré à Hamuta dans le cimetière familial. 

De son union avec Emilie Temarii, en 1920, naîtront 3 enfants : Mathilda, Antoni, dit Tony Jr., et Rudolph, dit Rudy. 

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